Mercredi dernier à Lisbonne, plus de 3000 supporters parisiens ont fait le déplacement pour encourager le PSG. D’après de nombreux témoignages recueillis, les autorités portugaises ont été l’auteur de terribles agissements avant l’entrée à l’Estadio da Luz. 

« Avec ma mère (35 ans) et ma soeur (15 ans) ont a pris l’habitude de faire quelques déplacements pour les grandes rencontres européennes » raconte Ethan, jeune supporter (18 ans) du PSG. « On a déjà fait des déplacements à Madrid, à Munich ou encore à Barcelone » mais ce qu’ils ont subi ce mercredi soir à Lisbonne, ils ne l’avaient jamais vécu auparavant. Même son de cloche pour Xavier (39 ans) parti supporter son club de coeur avec sa femme (35 ans), sa fille (15 ans) et son fils (18 ans).

« Ma fille et mon fils ont reçu des jets de pierre »

Tout commence dans le métro pour se rendre dans le stade. Les milliers de supporters parisiens – femmes et enfants compris – sont entassés devant les rails du métro pendant près d’une heure et tente minutes, témoigne Vincent : « J’ai effectué la majorité des déplacements en Europe (Belgrade, Madrid, Naples, Manchester, Liverpool…) mais celui-ci était le plus compliqué au niveau de l’organisation. Nous avons été bloqué dans le métro pendant 1h30 environ malgré la chaleur et l’entassement. »

Même son de cloche du côté de Xavier, parti avec sa femme et ses deux enfants : « À la sortie du métro, on a un reçu comité d’accueil de la part des supporters du Benfica et de la police locale. Pendant qu’on marchait, mon fils et ma fille ont reçu des jet de pierres. » Vincent précise que « les policiers présents sur place ont cherché à faire dégénérer la situation. » Confirmation de la part de Mansour, lui aussi présent à Lisbonne, qui précise que « les flics et la sécurité portugaise attendaient le moindre mouvement pour nous tomber dessus. »

« Nous avons fait preuve de civisme par rapport à notre traitement » Lucas, supporter présent sur place.

D’après plusieurs témoignages recueillis, en plus des jets de pierres et des cailloux, des bouteilles de bières ont également été balancés par les supporters du Benfica vers le cortège parisien à la sortie du métro. Plus grave encore, les CRS présents sur place n’ont pas hésité à donner des coups de matraque, sans raison apparente, et ce, malgré la bonne tenue générale des supporters parisiens. « Je tiens à féliciter l’ensemble des supporters parisiens pour leur calme afin d’éviter que cela ne dégénère » ajoute Vincent.

Coups de matraque et palpations à la limite de l’attouchement sexuel

Et c’est là que le pire commence. Devant l’entrée du stade, les supporters parisiens sont entassés et attendent de pouvoir entrer dans l’enceinte. Mika, Axelle, Xavier ou encore Ethan, tous confirment que des coups de matraque ont été donné « sans raison valable » à plusieurs supporters parisiens. « Les CRS fonçaient dans la foule et donnaient des coups de matraques gratuitement, blessant deux personnes à la main et au poignet« , précise Mika. Plusieurs vidéos ont été postées sur les réseaux sociaux montrant les CRS portugais en train de frapper des Ultras parisiens alors que ces-derniers ne montraient aucun signe de violence. Certains lèvent même les main en l’air alors qu’ils reçoivent des coups de matraque.

Mais c’est au moment de la fouille que le traitement infligé par la sécurité dépasse les limites de l’acceptable. Ethan (18 ans) raconte : « Je me suis fait peloter les parties intimes, ils ont failli baisser mon pantalon. Et ils ont fait pareil à ma soeur de 15 ans et à mère. » À vomir, tout simplement. Comment expliquer qu’une jeune fille de 15 ans se fassent fouiller les parties intimes alors qu’elle tente simplement d’aller voir un match de son équipe favorite ? Pour Vincent, venu avec ses deux enfants et sa femme, ce fut le même traitement : « Nous avons été fouillés de façon très poussée… Je n’avais encore jamais vu ça dans un stade européen pour un match de Ligue des Champions« .

« On nous a touchés le sexe bien comme il faut »

Traumatisée, Axelle dénonce un comportement abusif de la part de la sécurité présente sur place : « J’ai constaté une fouille abusive et très exagérée de la part de la dame, sans autorisation de ma part. J’ai été choquée et cela m’a mis extrêmement mal à l’aise. » De son côté, Lucas dénonce : « On ne m’a jamais autant touché les parties intimes pour une fouille ! Il a bien palpé mon paquet si j’ose dire et tout ça, sans demande au préalable. On nous a touchés le sexe bien comme il faut »

« J’étais dans l’un des premiers groupes à sortir de la bouche de métro donc à 19h10-15 on est passé à la fameuse fouille par une personne qui n’avait pas le chasuble orange UEFA. J’ai anticipé en vidant mes poches, je n’avais pas de sac, pas de pull, j’ai dit un « Ola boa tarde » au gars de la sécu, bref rien de fou. Et c’est là que j’ai eu droit à une fouille assez poussée avec massage des parties, doigts au niveau de l’anus, ça s’est passé en 5-10 secondes mais c’est la première fois que j’ai été victime de ce genre de fouille bien « poussée ». J’ai cru entendre que certains ont dues enlever leurs chaussures, même certains qui se sont retrouvés en caleçon » Guillaume, supporter du PSG qui habite à Lisbonne.

Tous nos témoignages recueillis dénoncent des fouilles à la limite de l’attouchement sexuel. Mika n’en revient toujours pas : « Le gars me malaxe violemment, je lui demande de faire doucement et de ne pas toucher les parties intimes. Dans un français moyen il me répond « ferme ta gueule ici t’es pas chez toi » ». Ambiance. De son côté, Marvin en a eu mal aux testicules : « J’ai subi un énorme palpage au niveau des parties intimes. J’en ai eu mal aux testicules pendant quelques minutes ! Puis main dans le caleçon pour palper au niveau des fesses. »

« Les pratiques des autorités portugaises doivent être punies ! »

Après plusieurs heures de fouilles, coups de matraque et tentatives d’intimidation, les supporters parisiens ont pu regagner le stade. Ceux arrivés en premier aux abords du stade ont pu assister au début de la rencontre. C’est le cas de Guillaume : « Je me suis installé à ma place à 19h30. Rien à signaler durant le match. À part ça la sécurité a été bien assuré, aucun problème avec les supporters du Benfica, pour mettre un peu de positif dans l’organisation. »

Mais d’autres ont été beaucoup moins chanceux. C’est le cas d’Edouard : « J’avais un fumigène sur moi. Quand ils l’ont trouvé, ils m’ont fait attendre 40 minutes sur un banc. Je leur demandais ce qui allait se passer mais aucune réponse de leur part. J’ai raté la moitié du match. » De son côté, Xavier, ses deux enfants et sa femme ont manqué le début de la rencontre à cause des fouilles : « On a été obligé de courir pour monter dans la tribune visiteur. Inutile de précisé qu’on a raté le coup d’envoi. Pas assez de place dans le parcage visiteur on était les un sur les autres. »

Les questions sont nombreuses et espérons qu’elles ne resteront pas sans réponse : comment justifier les jets de pierre, de bouteilles sur une foule inoffensive ? Comment expliquer à des gamines de 15 ans qu’elles aient eu besoin d’être fouillées intégralement pour assister à une rencontre de football ? Qui sont les responsables ? L’UEFA ? La sécurité portugaise ? La police locale ? Espérons simplement que ces agissements ne resteront pas impunis.