Le Paris Saint-Germain sera-t-il libéré ce soir ? Libéré de ces huitièmes de finale contre le FC Barcelone d’abord, et libéré de la malédiction de la remontada ensuite ? C’est ce match qui décidera de l’avenir du PSG dans la compétition européenne. Vainqueurs inattendus au match aller grâce, entre autres, à un coup du chapeau de Kylian Mbappé, les Parisiens vont devoir contenir la soif de vengeance des Catalans, et se qualifier pour les quarts en beauté.




  • Les enjeux de la rencontre

Paris doit se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des champions : remporter ce match contre Barcelone, ou du moins ne pas le perdre à plus de 3 buts de différence, est la condition sine qua non pour continuer dans la compétition européenne.

Après une victoire de haute volée, au match aller, avec 4 buts marqués à l’extérieur, le PSG pourrait être serein et confiant. Pourtant, grâce à cette fameuse remontada de 2017, (et à celle de 2019 contre Manchester United, 1-3), les Parisiens savent que tout est possible. Et c’est là, peut-être, le point très positif de cette déconvenue fantôme qui hante les joueurs et les vestiaires : lorsqu’on l’a déjà vécu, on sait que le pire peut arriver et l’on garde la tête froide.

C’est en tout cas le message que l’équipe et Mauricio Pochettino véhiculent depuis le match du 16 février dernier (1-4) : l’humilité. Une défaite 3-0, suffirait à qualifier les Parisiens, mais il n’est pas bon de se reposer sur des lauriers. Le PSG veut se qualifier, avec la manière, et en roulant sur les Catalans.

Une victoire lors de cette 13e rencontre entre les deux équipes, serait la 5e pour le PSG. Une belle collection dans un affrontement qui devient un véritable « Clasico » européen. Au Parc des Princes, les Rouge et Bleu ont gagné 3 fois contre les Blaugranas ; ils ont connu 1 seul nul et 1 seule défaite, marqué 12 buts et en ont encaissé 8.

Et, jusqu’à ce soir en tout cas, le Paris Saint-Germain n’a jamais perdu par 4 buts d’écart à domicile, en Ligue des champions…

« Nous devons être consistants pendant 90 minutes. En foot, le plus important est d’être concentré. Nous allons débuter comme s’il y avait 0-0 et nous voulons gagner pour nous qualifier. » (Mauricio Pochettino, en conférence de presse)

 

Les Catalans sont condamnés à l’exploit. Certes, les Barcelonais ont déjà connu une telle situation, mais la pression est énorme.

Il leur faut gagner avec 4 buts de différence contre les Parisiens, au Parc des Princes : selon le coach, Ronald Koeman, « rien n’est impossible » :

(…) le PSG est un adversaire, très fort, qui aspire à gagner la Ligue des champions. Pour espérer, il faudra être efficace, réaliste, mais on va essayer ! Quel que soit le stade, le Barça rentre toujours sur un terrain pour gagner. Demain, on jouera pour gagner. Rien n’est impossible.

Face à un calendrier chargé, les co-équipiers de Lionel Messi aimeraient bien se redonner confiance avec une victoire qualificative : le FC Barcelone rencontrera le Real Madrid le 11 avril prochain, l’Atletico le 9 mai, et jouera la finale de la Coupe du Roi le 17 avril prochain face à Bilbao.

Les Catalans n’ont pas gagné de trophée depuis 2019, et leur dernière victoire en finale de Ligue des champions remonte à 2015.

L’enjeu est également plus institutionnel : Joan Laporta vient d’être élu président du club, et les socios veulent croire qu’il insufflera au Barça les mêmes vibrations positives que celles qui ont jalonné son premier parcours à la tête du club entre 2003 et 2010.  Le nouveau président aura fort à faire : gérer l’avenir de Messi, celui de Koeman, les finances désastreuses du club, les transferts…Et il serait bon que son mandat commence par une victoire éclatante ce soir, comme au bon vieux temps.

Rien n’est moins sûr, mais Laporta lui, garde confiance et n’épargne pas le PSG en accusant le club parisien d’avoir manqué de respect aux Catalans en lorgnant publiquement sur Messi. Une bonne ambiance avant le match de ce soir…

 «Le match à Paris mercredi sera mon premier en tant que président. J’adore notre nouvelle rivalité. Même si nous avons deux modèles différents : l’un appartient à ses supporters, l’autre à un émir qui met de l’argent à la fin de saison ». (Joan Laporta)

 

  • L’état de forme des deux équipes

Globalement Paris va bien ! Les Rouge et Bleu sont au vert depuis hier soir, afin de rester concentrés et solidaires.

Le PSG est 2e au classement national et n’a perdu qu’un seul match sur les 9 dernières rencontres, toutes compétitions confondues. Ligue des Champions, Coupe de France, Ligue 1… le calendrier est plutôt chargé, mais les joueurs résistent, et comptent bien tout remporter.

Plus que la forme, les Parisiens ont la foi : pas de raison de se laisser dépasser par l’évènement. Les hommes de Mauricio Pochettino affichent une force tranquille, et une conscience de l’effort à fournir qui les rend sereins.

Les statistiques jouent également en la faveur du PSG : les Parisiens se sont qualifiés 15 fois sur 16 en Ligue des champions en ayant remporté le match aller à l’extérieur. L’exception a été la fameuse défaite contre Manchester United en 2019 (1-3). Et pour être plus précis, 100% des équipes ayant gagné 1-4 à l’aller se sont qualifiées !

La seule épine dans les pieds du coach argentin, est l’impact que peuvent avoir certains blessés sur son organisation de jeu.

Neymar est finalement forfait pour ce match retour, après avoir espéré pouvoir jouer. Blessé au long adducteur gauche depuis un mois, et absent au match aller, le Brésilien avait pourtant tout mis en oeuvre pour faire partie du groupe. Le staff l’estime trop juste, et en cas de victoire ce soir, préfère le préserver pour les autres rencontres importantes à venir, plutôt que de risquer une rechute pour quelques minutes de jeu.

Moise Kean, buteur au match aller, est également forfait pour cause de COVID-19. Ce sont donc deux grosses absences offensives à compenser : peut-être par le retour d’Angel Di Maria qui semble avoir repris du poil de la bête en rentrant sur le terrain en deuxième période face à Brest ce week-end.

Quelques doutes subsistent également sur l’état de forme d’ Alessandro Florenzi et de Thilo Kherer. Les deux joueurs seront bien dans le groupe ce soir, et ont été déclarés aptes, mais seront-ils alignés dès le début du match ? L’Italien semble avoir récupéré de sa lésion à une cuisse et l’Allemand avait subi un choc aux ischios face à Brest ce week-end.

Hormis les blessés, l’équipe semble prête à recevoir les Blaugranas comme il se doit…

«Comme je l’ai dit, on reste prêt pour toutes les situations. J’avais plus d’appréhension pour le match contre Brest, pour la préparation, pour la concentration, que pour des matches comme Barcelone, où je sais que tout le monde sera prêt, motivé et concentré à 200%». (Idrissa Gueye)

 

Le FC Barcelone tient par un fil : le club est sur 16 matches sans défaite en Liga, dont une 3e victoire consécutive le week-end dernier a Osasuna. Mais le match fut bien poussif et sans grand éclat. Antoine Griezmann a été notamment vivement critiqué par la presse espagnole après cette rencontre : le Français n’a plus marqué depuis le 3 février dernier contre Grenade.

Après un mois de décembre désastreux, et la défaite au match aller contre le PSG, les Blaugranas ont retrouvé de bons résultats, mais leurs prestations déçoivent. La plus belle victoire de ces derniers mois fut, justement, une « Remontada » la semaine dernière : après avoir perdu contre Seville à l’aller (2-0), les Catalans ont gagné 3-0 au match retour, et se sont qualifiés pour la finale.

Reste-t-il un peu de jus au Barça de Messi pour faire de même ce soir ?

Les blessés sont en tout cas assez handicapants pour que Ronald Koeman doive bricoler un peu ce soir : Fati, Coutinho, Piqué et Roberto sont absents. Araujo, un temps pressenti dans le groupe, sera forfait également.

Araujo – Icon Sport

Après 5 titres de Ligue des champions, 8 finales disputées, et 4 victoires contre le PSG, les Barcelonais pourraient enfin retrouver des couleurs s’ils réitéraient l’exploit ce soir. Sous l’ère Laporta I, le FC Barcelone a remporté 12 trophées en 7 ans, dont 2 Ligue des champions et 4 Ligas. Les supporters espèrent que sous Laporta II, l’équipe retrouvera de sa superbe ; il paraît que l’ambiance aurait déjà « changé », depuis ce week-end. A voir.

 

  • Les compositions probables 

Mauricio Pochettino devrait reconduire son désormais classique 4-2-3-1, avec Marco Verratti en pivot du jeu.

L’incertitude reste la composition de la défense devant les buts de Navas : le duo Marquinhos/Kimpembe devrait être entouré de Kurzawa sur la gauche, mais quid de l’aile droite? Florenzi va-t-il être aligné dès le départ ou Kehrer pourrait-il partager le poste avec l’Italien ? Au milieu, on devrait retrouver Gueye et Paredes, accompagnés donc plus haut de Di Maria, Verratti et Mbappé. Mauro Icardi serait donc en pointe.

Le FC Barcelone devrait logiquement débuter en 3-5-2, comme le week-end dernier à Osasuna. En revanche c’est cette défense à trois qui risque de poser des problèmes à Ronald Koeman : les défenseurs bloquent pour l’instant plutôt la porte de l’infirmerie que les buts de Ter Stegen. Et le coach des catalans va sûrement devoir aligner un Mingueza inexpérimenté aux côtés des Français Lenglet et Umtiti. Au milieu, pas beaucoup de surprises avec Dest, De Jong, Busquets, Pedri et Alba. En attaque, on retrouvera le duo traditionnel Messi/Dembélé.

  • Le corps arbitral 
C’est un Anglais, natif de Manchester, qui sera au sifflet ce soir : Anthony Taylor.
Les Parisiens en ont plutôt de bons souvenirs : l’arbitre, âgé de 42 ans, a croisé le chemin du PSG quatre fois en Ligue des champions, avec à chaque fois des victoires pour les Rouge et Bleu.

Anthony Taylor, arbitre international depuis 2013, n’a rencontré le FC Barcelone qu’à une seule reprise : c’était en 2017 face à l’Olympiacos, pour un score nul (0-0).

Monsieur Taylor a une sacrée expérience sur le terrain toutes compétitions confondues ; il a tout de même dirigé 19 matches en Ligue des champions et 14 en Ligue Europa. Il en compte aussi 277 en Premier League.

L’homme en noir ne donne pas énormément de cartons jaunes, ni de rouge, et siffle peu de penalties par rapport à la moyenne. Il sera assisté de ses compatriotes Gary Beswick, Adam Nunn, et David Coote. Stuart Attwell et Paul Tierney seront à la VAR

Coup d’envoi à 21h sur RMC Sport !