A l’approche du bilan de la saison parisienne ,il est difficile de trouver de vrais motifs de satisfaction pour Nasser Al-Khelaïfi. Il y a certes eu des esquisses mais toujours fugaces, comme si le club n’était pas encore façonné pour éblouir l’Europe .

 

Nasser Al-Khelaïfi et les erreurs de casting

D’abord le recrutement. Bien que mitigé il était tout de même porteur de promesses … l’arrivée du « phénomène » Ben Arfa tant désiré par Nasser Al-Khelaïfi en point d’orgue. L’enfant terrible du football français de retour dans la ville de son cœur, pour confirmer les attentes grandissantes autour de lui après une saison incroyable chez les Aiglons Niçois.

L’histoire était belle, mais fait finalement partie du lot de ces scenaris un peu présomptueux et un brin rêveurs qui finissent aux oubliettes.
Le rêve , parlons-en ! Le PSG en a fait son fond de commerce. Et même un peu plus quand, après une prestation majuscule au Parc des Princes, dans une liesse mémorable, le PSG a renversé le Barça 4 buts à 0 avant de s’effondrer dans un match retour que les supporteurs de Paris n’oublieront jamais. Le club voulait « marquer l’histoire » et bien c’est chose faite !


Et enfin le cas Patrick Kluivert. Le  » directeur du football » du PSG, recruté par Nasser Al-Khelaïfi , ancien grand joueur dont la sympathie n’a d’égale que son peu de poids et d’efficacité dans les décisions sportives d’un club au recrutement raté ( Ben Arfa, Krychowiak, Jesé .. ).

Ainsi, à l’heure du bilan, le constat est simple. Après l’échec quasi officiel en Ligue 1 et le sacre de Monaco , après la désillusion européenne du Camp Nou , après un recrutement médiocre ( malgré il faut le reconnaitre, la bonne pioche Draxler et les débuts prometteurs de Lo Celso et Guedes durant le mercato hivernal), le PSG et Nasser Al-Khelaifi doivent se ressaisir sous peine de marquer un véritable coup d’arrêt au projet qatari .

 

Le problème Nasser

Evidemment dans ces périodes la tentation est grande de trouver des coupables. Des gens qui doivent porter la responsabilité d’un échec pour calmer le peuple et aussi (surtout) l’émir Al Thani.

Alors oui, Unai Emery porte une part de responsabilité dans la saison très moyenne de Paris.Il a eu du mal à imposer véritablement son style , un jeu basé sur une animation directe faite de transitions rapides qui se matérialise par un 4-2-3-1 qu’il affectionne tout particulièrement.

Il a dû rapidement changer ses plans et revenir plus ou moins à ce que proposait Laurent Blanc dans un classique Matuidi-Verratti-Motta au milieu. Et cela bien qu’il ait été recruté dans le but de rompre avec la méthode Blanc et faire avancer le PSG sur la scène européenne.

Mais si l’on analyse les difficultés rencontrées par Emery , elles tirent leur source du comportement de la hiérarchie du club et surtout de Nasser Al-Khelaifi. Un président proche , trop proche même de certains joueurs comme Thiago Silva par exemple.

Pour ne citer que lui , le brésilien se plait à donner son avis au président sur les affaires du club ou se plaindre de certaines situations quotidiennes. Cela a pour effet de diluer l’autorité de la direction sportive d’un club déjà en mal de poigne institutionnelle depuis le départ de Leonardo. C’est en effet le travail de ce dernier  en tant que directeur sportif du club qui permet encore au PSG de présenter une équipe compétitive sur le plan européen actuellement. Certainement pas celui de Mr Létang ou de Patrick Kluivert choisi par Al-Khelaïfi.

Si l’on remonte un peu plus dans le temps, l’année dernière c’était Laurent Blanc le coupable. De plus lorsque Paris tenait sous la main ce qui était probablement un des meilleurs coaches mondiaux c’est encore Ancelotti qui a récolté le fruit des échecs Parisiens et du manque de patience de sa direction.

Finalement, malgré des erreurs multiples en terme de management et de choix de l’équipe dirigeante, Nasser est le seul être inamovible du club. Homme de base du prince, il a toute sa confiance pour diriger le club, malgré le fait qu’il ne connaisse que peu les arcanes de ce milieu si particulier qu’est celui du football, où la qualité intrinsèque d’un effectif n’est pas le gage de pouvoir conquérir les sommets européens.
Les fusibles ont sauté sans pour autant que l’ancien tennisman professionnel soit véritablement mis en danger par les investisseurs qataris. Et cela pose problème .

Car c’est bien Nasser Al-Khelaïfi qui est à l’origine du recrutement infructueux du fantomatique Patrick Kluivert , c’est aussi lui qui a géré de manière très discutable l' »affaire Aurier » .

En radoubant l’ivoirien ( alors « Persona Non grata ») très rapidement à l’occasion d’un match qu’il disputait avec la CFA pour signifier son soutien public au joueur suite à ses déclarations tapageuses.                                                                                                                                                                                     Nasser Al-Khelaifi n’a pas transmis le message que le PSG voulait rentrer dans la cour des grands clubs d’Europe et imposer aux yeux de tous une institution PSG forte, dont l’image ne doit pas être écornée. Sur le modèle de ce que peuvent faire de nombreuses franchises NBA ou des clubs comme Barcelone ou la Juventus … un peu « Guez » sur le coup Nasser.

 

Rêver plus grand

Mais mon propos n’est pas de reproduire avec Nasser Al-Khelaifi toutes les erreurs qui m’ont menées à écrire cet article. Encore moins de se précipiter sur la désignation d’un unique coupable. Mais d’apprendre et d’analyser ce qui n’a pas été bon chaque saison et de progresser à partir de ces constats.

Le licenciement de Nasser Al-Khelaifi jetterait sans doute un grand flou sur le projet parisien. Sans compter que le travail déjà accompli a sa part de positif.                                                                                        Renouer avec les groupes de supporters, développer le merchandising du PSG et étendre son image comme un club important en Europe . Tout cela a été bien fait et il faut le dire.

Cela étant dit, un club avec l’ambition du PSG ne peut se permettre de faire du « sur place ». Il se doit dans sa globalité d’être refondu dans sa manière d’être.

Nasser Al-Khelaïfi doit mettre en place un organigramme clair et précis constitué d’hommes talentueux et expérimentés qui puissent développer Paris sur tous les plans. Et par-dessus tout changer son propre comportement et sa posture vis-à-vis de certains joueurs . Cela passe par l’ instauration d’ un véritable esprit de club où la tunique et le blason sont au-dessus des joueurs.

En d’autres termes, prendre une réelle dimension de président si chère aux Français et incarner le projet Parisien. Non pas seulement dans les mots et quelques actes isolés mais bien dans le quotidien et le travail de l’ombre qui font la force des plus grands clubs.

C’est à ce prix là, mêlé à une indispensable réussite, caractéristique des projets mûrement réfléchis que le PSG peut se mettre en marche et « rêver plus grand ».
Si cela n’est pas fait dès la saison prochaine, Nasser Al-Khelaifi devra partir, sous peine de voir le projet de grandeur du Paris Saint-Germain rester à l’état de rêve.